J’utilise Anki depuis plusieurs années pour réviser avec efficacité au lycée, et je vois souvent des élèves me demander comment transformer leurs cours en cartes utiles — sans y passer des heures ni tomber dans l’excès. Dans cet article, je partage ma méthode pratique : comment créer des cartes efficaces, quel type choisir selon l’objectif, et comment planifier ses révisions pour que l’apprentissage soit durable.

Pourquoi Anki fonctionne pour les lycéens

Anki repose sur deux principes simples mais puissants : la récupération active (il faut se rappeler l’information, pas seulement la relire) et la répétition espacée (on révise juste avant d’oublier). Concrètement, Anki présente les cartes au bon moment pour optimiser la mémorisation. Quand on prépare le bac ou les contrôle continus, cela fait toute la différence : on conserve à long terme des notions vues en début d’année sans devoir relire ses cours en entier à chaque fois.

Avant de créer des cartes : les bonnes pratiques

Je recommande toujours de faire un petit tri avant de transformer un cours en cartes :

  • Relire le cours et identifier les idées clés (définitions, formules, dates, mécanismes, raisonnements).
  • Clarifier ce que vous devez savoir vs ce que vous devez comprendre (Anki est excellent pour les faits et le vocabulaire ; pour la compréhension, on combine avec exercices, schémas et explications écrites).
  • Éviter d’inclure trop d’informations dans une carte : une carte = une notion.
  • Types de cartes et quand les utiliser

    Voici les types de cartes que j’utilise le plus, et pourquoi :

  • Question/Réponse simple : pour définitions, dates, formules. Exemple : "Définir la dérivée" —> réponse brève.
  • Cloze (texte à trou) : idéal pour phrases complexes ou listes. Le cloze permet de masquer seulement la partie à mémoriser.
  • Image/étiquette : pour schémas de SVT, organigrammes d’histoire ou cartes géographiques. Montrer l’image et demander d’étiqueter une partie renforce la compréhension visuelle.
  • Carte de procédure : question qui demande d’énumérer les étapes (ex : démarche d’analyse d’un texte). Ici, fractionner en sous-cartes peut être plus efficace.
  • Je déconseille les cartes "encyclopédiques" où l’on colle un paragraphe entier : elles sont difficiles à réviser et à évaluer objectivement.

    Règles de création de cartes efficaces

    Quand je crée une carte, je respecte quelques règles simples :

  • Une idée par carte : cela réduit les erreurs de rappel partiel et rend les réponses binaires plus faciles à juger.
  • Formulation claire : écrire la question comme si vous la posiez à un camarade. Éviter les tournures ambiguës.
  • Utiliser le format Cloze pour les listes : ex. "Les causes de la Révolution française : {{c1::crise financière}}, {{c2::inégalités sociales}}, {{c3::idées des Lumières}}".
  • Ajouter un contexte si nécessaire : une date sans contexte est moins mémorable. Exemple : "En quelle année la Bastille est prise (contexte : début de la Révolution française) ?"
  • Éviter la paraphrase mot à mot : reformulez vos notes pour forcer la compréhension.
  • Exemples concrets

    AvantAprès (carte Anki)
    Paragraphe sur la photosynthèseFront : "Quelles sont les deux grandes phases de la photosynthèse ?"
    Back : "La phase lumineuse (production d’ATP et NADPH) et la phase obscure / cycle de Calvin (fixation du CO2)."
    Liste de dates en HistoireFront : "Date prise de la Bastille ?"
    Back : "14 juillet 1789"
    Schéma d’écosystèmeFront : image + "Nommer A, B et C sur ce schéma."
    Back : image étiquetée

    Organisation des decks et des tags

    J’organise mes cartes par matière, puis par thème : un deck "Maths 2nde", un deck "Histoire Terminale — Révolution", etc. Mais j’utilise surtout les tags pour marquer :

  • le chapitre (ex : #chap3),
  • le type d’examen (ex : #bac, #controle),
  • le niveau de difficulté (ex : #difficile) ou
  • les cartes à améliorer (#à_revoir).
  • Les tags sont très pratiques pour filtrer des révisions ciblées (ex : n’apprendre que les cartes d’un chapitre avant un DST).

    Combien de cartes par jour ? Comment planifier

    La question la plus fréquente : "Combien de cartes dois-je faire/revoir par jour ?" Il n’y a pas de réponse unique, mais voici ma méthode :

  • Commencez doucement : 20–30 nouvelles cartes par jour maximum si vous débutez avec Anki. Sinon vous risquez d’être noyé par les révisions futures.
  • Priorisez la régularité : 15 minutes tous les jours valent mieux que 3 heures une fois par semaine.
  • Réglez l’objectif de nouvelles cartes dans Anki selon votre temps disponible (10–20 pour la plupart des lycéens).
  • Avant un contrôle, créez un petit paquet de cartes (10–15) spécifiques au chapitre et révisez-les intensivement 3–4 jours avant le contrôle.
  • Stratégies de révision et gestion de la charge

    Quelques astuces pour ne pas être submergé :

  • Prioriser : suspendre les cartes non essentielles ou celles qui ne correspondent pas immédiatement à vos objectifs.
  • Fractionner : si une notion est complexe, créez plusieurs cartes progressives plutôt qu’une seule "usine à gaz".
  • Utiliser les filtres : réviser uniquement les cartes marquées pour un chapitre ou pour les examens.
  • Suivre la qualité : si vous vous trompez souvent sur une carte, améliorez-la (reformulez, ajoutez contexte) au lieu de la laisser.
  • Fonctionnalités utiles et add-ons

    J’utilise quelques outils annexes pour gagner en confort :

  • AnkiDroid / AnkiMobile pour réviser en déplacement (bus, trajets). AnkiMobile est payant mais très pratique.
  • AnkiWeb pour synchroniser entre ordinateur et téléphone.
  • Add-ons : "Image Occlusion" (masquer des parties d’un schéma), "Cloze Overlapper" (pour apprendre des ensembles avec recouvrements), et "Review Heatmap" (visualiser la régularité des révisions).
  • Attention : les add-ons évoluent et certains ne sont pas toujours compatibles avec chaque version d’Anki. Je teste un add-on avant de l’adopter.

    Évaluer l’efficacité et ajuster

    Je conseille de mesurer l’efficacité d’Anki sur 4–6 semaines. Si vous oubliez beaucoup, réduisez le nombre de nouvelles cartes et améliorez leur formulation. Si vous progressez rapidement, augmentez légèrement la cadence.

    Enfin, n’oubliez pas que Anki n’est qu’un outil : il complète la prise de notes, la réalisation d’exercices et les corrections avec un professeur. Je combine toujours Anki avec des fiches synthétiques et des exercices d’entraînement pour travailler la compréhension et l’application.

    Si vous voulez, je peux partager des modèles de cartes (templates) pour chaque matière ou un exemple de deck compatible Anki pour le bac — dites-moi quelle matière vous intéresse et je préparerai un pack de démarrage.